
Comme chaque année, en cette journée, mes pensées vont vers lui ...
Hommage à Satoshi Miyazaki Sensei. Oss.
BUBISHI : L'étude de l'art du combat dans un esprit de guerrier. Ce blog est un espace d'échange pour les passionnés d'art-martiaux, en particulier les pratiquants de karate-do.
Le karaté convient aux femmes …Il permet d’affiner la silhouette et d’avoir une musculature harmonieuse.
Grâce au karaté, les femmes savent tout particulièrement ce que le verbe « progresser » veut dire. Grandir dans la confiance en soi, l’assurance, maîtriser les agressions émotionnelles de notre quotidien.
Plus que tout, le karaté donne un sens aux actes et à la vie d’une femme. Car des efforts, les femmes en accomplissent plus que vous messieurs ! Cette règle ne s’applique pas uniquement au dojo…
Observez-les pendant un entraînement, ne vous voilez pas la face et arrêtez de les mater en macho.
Ne les sous-estimez jamais surtout … c’est la façon la plus sûre de vous faire jeter.
Car lorsqu’elles travaillent avec un partenaire masculin, elles recherchent l’efficacité du geste.
Inutile donc de les considérer comme des « sous partenaires », soyez sincères et voyez en elles l’image de combattantes accomplies. Les femmes sont souvent plus stratégiques que les hommes, c’est bien connu !
Votre faiblesse, messieurs, serait de vous croire invincibles. Ne perdez jamais de vue que le critère de jugement n’est pas la force physique, mais plutôt l’intensité de la concentration qui s’exprime par ce que nous appelons ‘le mental’.
Alors les filles, un sourire, une technique bien placée … et hop, l’affaire est dans le sac.
Quant à vous, messieurs, méfiez-vous de l’eau qui dort !
Plus je grandi dans mon karaté, plus j’ai envie de revenir à mes débuts. A toutes ces choses essentielles moins bien perçues jadis et auxquelles je veux revenir. Comme une vitamine necessaire à ma croissance de karatéka.
Je pense ne pas être le seul dans ce cas. Et cela me fait le plus grand bien !
Par exemple, en kata, j’éprouve un besoin particulier de faire et refaire Heian Shodan.
Et à chaque fois, je redécouvre un tas de sensations et une perception toujours plus grande de ce kata, premier du nom. Du moins officiellement. Car si je veux être pointilleux, je devrai citer les ‘Taikyoku kata’.
J’y reviendrai une autre fois …
Le travail de Heian Shodan me permet de redevenir authentique et surtout, d’apprendre à nouveau, à faire émerger le dynamisme qui est en moi.
Ce kata est ‘très’ simple non ? Et pourtant, à chaque fois, on a l’impression d’y trouver ce petit quelque chose de différent. Tout le monde connaît ce kata … sans vraiment le connaître.
Car tout ce qui est fondamental est toujours difficile à maîtriser. Et Heian Shodan est le plus bel exemple. Sans entrer dans le détail des premières positions acquises comme Zenkutsu ou kokutsu dachi qui feront à elles seules l’objet d’un autre sujet. Chaque rotation, chaque blocage, chaque Oi zuki, tout doit nous faire coller le plus possible à la réalité de notre karaté. La notion de vitesse, puissance, et l’attitude originel du combat éveille l’esprit.
A partir de là, notre esprit mûri et prend la relève du corps.
C’est le retour vers le futur … Reculer pour toujours mieux avancer !
Je n’engage que moi, mais je crois que pour faire un bon karatéka, il faut cultiver sans cesse le karaté en nous. Aller au-delà de l’exercice physique et prendre le temps de s’interroger.
Etre curieux, pourquoi ceci ou pourquoi cela ? Même si on ne sait pas toujours où cela nous mène, cultiver notre curiosité martiale est vitale.
Des questions parfois sans réponse mais qui me permettent d’avancer à petits pas vers l’essentiel. Parfois je devine, parfois je pressent, au meilleur des cas, parfois je découvre. Soyez curieux …
Avoir une bonne technique, c’est surtout accorder le plus grand intérêt aux règles de base de chaque technique.
Si je prend l’exemple d’un blocage basique comme ‘Jodan Age uke’, la préparation du blocage, le croisement des bras, le placement des coudes, l’orientation du poing, la hauteur correcte, le niveau exact de contact, la rotation des hanches, le bon ‘kime’ au bon moment, etc …
Le respect de tout ces critères est essentiel à une bonne application avec partenaire. Des critères trop souvent ‘bafoués’ et qui pourtant sont déterminants par la suite lors de l’étape qui nous conduira peu à peu au kumité.
Une bonne technique c’est avant tout une bonne assurance en sois. Cette force intérieure nous apprend à rester courageux face à un adversaire, quel qu’il soit.
Kata okinawaien du Tomari-te, Sochin fait partie du groupe d'Aragaki, tout comme Nijushiho ou Unsu. Il fut repris dans le Shorin-ryu. Il passa dans le Shito-ryu et Yoshitaka Funakoshi l’introduisit dans le style Shotokan après l'avoir appris d'un expert d'Okinawa.
La base essentielle de ce kata est la position fudo-dachi, ou sochin-dachi (posture immuable). Cette position très solide est un compromis entre zenkutsu-dachi et kiba-dachi. Gneo Sensei nous a fait une belle démonstration pour pouvoir acquérir toute la finesse de cette position. Une position qui vous enracine au sol et qui fait de vous un guerrier. Ce kata a un rythme particulier. Les passages lents s’enchaînent avec des explosions d’énergie où rien ne semble pouvoir vous résister.
La façon unique d’aborder les rotations du corps dans l’accomplissement des techniques de jambes (yoko geri) ou des blocages (shuto uke) marque un niveau particulier du sens du déplacement. Sans oublier le côté ‘réaliste’ du corps à corps propre au combat de rue que lui atribue les ‘ura tsuki’. Répliques qui ne laissent aucune chance à l’adversaire.
Un exemple parfait d’une passerelle entre le kata et le kumite.
Et en plus, ‘Sochin’ se révèle être une excellente façon naturelle de travailler votre musculation au niveau des membres inférieurs.
Karaté, mental de fer et musculation … que vouloir de plus ?
En deux mots, c’est lui ou moi …ça passe ou ça casse.
On est loin du sport, car dans le mot sport, on sous-entend jeu. Or ici, je parle de survie, et la vie n’est pas un jeu. On ne met pas ‘sport de combat’ et arts-martiaux dans le même sac.
Le karaté martial ne répond pas à certaines règles. Pas question de temps limité, d’arbitre prêt à canaliser les tensions négatives, d’un seul adversaire.
On a pratiquement aucune chance de s’en sortir grâce aux techniques utilisées en karaté sportif. Mais imaginez plutôt quelles sont vos chances si vous utilisez les techniques de nos kata.
Le vrai combat, quand il survient, est synonyme de survie. Il n’y a plus aucune notion de temps, de nombre d’adversaires, d’interdits codifiés.
Savoir éviter l’affrontement est la plus belle victoire. La plus difficile aussi. Tout ici est à l’opposé du karaté sportif.
Le karaté martial, c’est avant tout se connaître soi-même, maîtriser ses pulsions.
Mais qu’on ne s’y trompe pas, pratiquer le karaté traditionnel ce n’est pas non plus se contempler devant un miroir en se gonflant de sa petite personne.
Il faut du temps. Il y a une période pour chaque chose, pour chaque niveau martial atteint. Pas de course à la victoire ici.
Le karaté authentique se pratique avec ardeur mais sans hâte, car on a toute la vie pour atteindre la plus haute marche du podium, celle de l’élévation de soi.